Après l’arrivée d’Endrick le 23 décembre dernier en prêt à l’Olympique Lyonnais, Paulo Fonseca a souhaité l’arrivée d’un second attaquant malgré la présence de jeunes prometteurs. Ce dernier n’avait d’yeux que pour Roman Yaremchuk, l’Ukrainien d’un mètre quatre-vingt-un. Nonobstant un faible nombre de buts ces dernières années, le tacticien a certainement vu en lui des qualités différentes et complémentaires à celles de son groupe actuel d’attaquants, permettant de poser l’ultime pièce à un édifice en construction depuis cet été.
Après un début de saison avec Martin Satriano à la pointe de l’OL pour un faible (mais prévisible) bilan comptable de seulement trois petits buts, le club de la capitale des Gaules avait urgemment besoin d’un autre attaquant. En dépit de l’arrivée d’Endrick et de la présence de jeunes attaquants tels qu’Enzo Molebe ou Alejandro Gómez Rodríguez, le tacticien portugais cherchait un profil différent et complémentaire à ajouter à son effectif. Mais qui est donc ce Roman Yaremchuk et pourquoi son profil obsédait-il tant le coach de l’Olympique Lyonnais ?
Officialisé le 3 février 2026, ultime journée de ce mercato hivernal, Roman Yaremchuk, attaquant ukrainien dépassant le mètre quatre-vingt-dix, est arrivé en provenance de l’Olympiakos sous la forme d’un prêt payant d’1,5 million d’euros, assorti d’une option d’achat fixée à 5 millions d’euros.
Du haut de ses 30 printemps, Yaremchuk peut compter sur une solide expérience européenne et internationale. Gent, Bruges, Benfica, Valence puis l’Olympiakos lui ont presque permis d’atteindre la barre des 100 buts en club, dont 19 en Coupe d’Europe (4 en Ligue des champions, 11 en Europa League et 4 en Conference League). Il faut également ajouter à cela 17 buts en 65 sélections avec l’équipe nationale d’Ukraine. La nouvelle recrue lyonnaise peut donc apporter une certaine expérience au groupe, que Molebe et Gómez Rodríguez ne possèdent pas encore en raison de leur jeune âge.
Habitué à faire jouer de jeunes joueurs, Fonseca a donc décidé de placer sa confiance dans un joueur d’expérience pour la fin de saison, ce qui peut traduire un réel espoir de sacre final en Europa League.
Il ne faut également pas oublier le contexte pour les deux parties, club et joueur. L’Olympique Lyonnais souhaite probablement tester Roman Yaremchuk avant de dépenser 6,5 millions d’euros (tout compris), une somme conséquente dans un contexte financier très compliqué. Du côté du joueur, l’OL représente certainement l’un des plus grands clubs qu’il lui sera permis de rejoindre au cours de sa carrière, notamment en raison de son âge. Malgré des statistiques correctes, le quatrième meilleur buteur de l’histoire de la sélection ukrainienne n’a jamais été un chasseur de records.
Cependant, Yaremchuk présente de nombreuses qualités manquantes au groupe d’attaquants lyonnais et offre différentes possibilités tactiques à Paulo Fonseca. Physique, grand, doté d’un bon jeu de tête : autant d’éléments absents de l’attaque lyonnaise actuelle. Ce profil peut ouvrir de nouvelles opportunités tactiques, notamment grâce à plusieurs joueurs de l’effectif. L’OL possède des joueurs capables d’allumer des mèches, mais sans véritable pyromane pour provoquer un feu d’artifice offensif.
Tout d’abord, le nouveau numéro 77 pourra compter sur des latéraux très intéressants. Abner et Maitland-Niles possèdent une réelle faculté à se projeter vers l’avant pour proposer des centres qui trouvent encore trop peu preneur. Seul Corentin Tolisso peut parfois effectuer un dépassement de fonction et venir placer une tête dans les onze derniers mètres adverses. Toutefois, ce n’est pas le poste de prédilection du capitaine lyonnais, comme il l’a répété à de nombreuses reprises en début de saison. Également, Tagliafico et Mata que Yaremchuk a côtoyé lors de son passage à Bruges sont plutôt à l’aise dans l’exercice du centre. Le nouvel attaquant pourra donc se projeter à sa guise dans la surface de réparation adverse, certain d’avoir de bons artistes prêts à lui envoyer quelques caviars.
Il faut aussi ajouter à cela les rôles plus bas de Tolisso et de Morton, qui possèdent dans leur large panoplie technique la capacité d’envoyer de nombreux ballons longs, aériens ou en profondeur. Cela offre la possibilité de mieux fixer et fatiguer les défenses adverses en leur imposant un défi physique important, idéal notamment pour un jeune Brésilien de 19 ans, plein de feu dans les jambes, prêt à enchaîner les dribbles et, surtout, les buts.
Si les ambitions et les espoirs de titres, que ce soit en Coupe de France ou en Coupe d’Europe, grandissent entre Rhône et Saône, l’arrivée d’un nouvel attaquant réclamé par le coach lyonnais pourrait bien représenter la dernière pièce d’un édifice qui se solidifie au fil de la saison. Le rôle d’attaquant pivot proposé par Yaremchuk offre ainsi davantage d’options et d’expérience au jeu prôné par le technicien portugais.




